Edito AVRIL 2013
Posté par L'Excelsior le 1 avril 2013 – 11 h 25 min

Un serpent de mer nommé SMAC

SMAC: label par lequel l’État reconnait des lieux
structurants et spécialisés dans les
musiques actuelles et contribue à leur financement.
En 2013, la France compte 58 scènes
de Musiques Actuelles et 24 en cours de labellisation,
ce qui fait que seulement une vingtaine
de départements n’en bénéficie pas…
dont la Sarthe. Et ce n’est pourtant pas faute
d’en parler !
La ville d’Allonnes a fait en 2009 une proposition
s’inscrivant dans le projet culturel mené
depuis 1980 : y bâtir la salle de musiques
actuelles dont la jauge manque à l’agglo
(quelque part entre 600 et 1000 places), assurer
la complémentarité et le lien avec ce qui
existe déjà et fonctionne très bien (le Silo et le
Crim notamment), disposer enfin des moyens
des ressources humaines nécessaires pour
animer et dynamiser le secteur des musiques
actuelles à l’échelle de l’agglomération. Allonnes
indiquait alors pouvoir mettre dans le
fonctionnement de ce qui serait une SMAC ce
que la ville met actuellement dans le financement
de l’Excelsior.
Ainsi, Allonnes (11 000 habitants) proposait
de financer plus de 40% du fonctionnement
de la SMAC de l’agglo (190 000 habitants)
sans revendiquer la gouvernance de ce nouvel
ensemble qui avait vocation à rassembler les
différents acteurs et collectivités concernées.
Nous regrettons que cette proposition, toujours
sur la table, n’ait pas rencontré l’écho
espéré.
La concertation départementale sur les musiques
actuelles à laquelle Allonnes n’a cessé
de participer avec enthousiasme a cependant
apporté une meilleure coopération entre les
structures, notamment sur l’accompagnement
des artistes. Mais il est temps maintenant de
sortir du statu quo sur la SMAC qui, à défaut
d’être l’alpha et l’oméga des musiques actuelles,
constituerait une locomotive et un apport
de professionnels supplémentaires dont
l’absence finit par singulariser négativement
notre département. Cette situation laisse aussi
perdurer un déséquilibre économique dans la
prise en charge des musiques actuelles et ne
garantit donc pas la pérennité de l’offre.
C’est ainsi qu’est apparu l’idée de « SMAC de
territoire » qui consiste, comme à à Bordeaux
ou en Ardèche, à labelliser non pas un lieu,
mais un regroupement de structures et à imaginer
la SMAC comme leur addition.
S’il s’agit simplement de dire, tel un monsieur
Jourdain, pour ne plus avoir le bonnet
d’âne des musiques actuelles, que nous avions
presque déjà une SMAC sans le savoir, ce sera
sans L’Excelsior. Parce que rien ne changerait
et que l’intérêt général que nous avons toujours
mis en avant ne serait pas mieux pris en
compte.
Mais s’il s’agit de réfléchir à une véritable
animation commune et aux moyens de mutualiser,
à l’échelle de la zone d’influence de cette
SMAC éclatée, ce qui relève de son action
spécifique, alors oui pourquoi pas. Parlons-en
donc en détail et avec sérieux, que cette idée
à creuser n’ait pas comme conséquence de
repartir dans trois ans de discussions.

Alexis Braud

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